Exemple de carte sociale
Pourquoi une carte sociale?
Travailler avec la stratégie de MDCL nécessite plusieurs lectures de la communauté à différents moments du cycle de développement. Une communauté est composée de nombreux sous-groupes en interaction et elle peut réunir une grande diversité d'intérêts et d'intentions. Savoir lire la communauté et ses dynamiques permet de positionner les efforts de mobilisation en considérant pleinement son contexte d'influence.
La carte sociale se veut un outil simple et visuel permettant de créer une image en un seul coup d’œil de l'ensemble des acteurs (organisations, regroupements, réseaux, groupes sociaux et même des individus significatifs) sur un territoire. Elle peut notamment être utilisée pour :
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Cerner le potentiel de développement d’une communauté;
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Mieux connaître les réseaux existants entre les différents acteurs;
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Cerner quels acteurs pourraient être mis à contribution;
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Comprendre les dynamiques organisationnelles locales;
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Soutenir l’élaboration d’un mode de gouvernance adapté au milieu;
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Etc.
L’élaboration d’une carte sociale nous apparaît être une démarche qui contribue à construire un pouvoir d’agir collectif, permettant notamment à un ensemble d’acteurs (incluant des nouveaux venus) une mise à niveau des savoirs sur la dynamique communautaire.
L’exemple présenté ici a été réalisé dans la perspective de visualiser les nombreux espaces de convergence présents dans une communauté (tables de concertation, regroupements, initiatives de mobilisation, etc.) et de voir quelles organisations les composaient afin de positionner le plus adéquatement possible une de ces instances (initiative issue de l’approche territoriale intégrée [ATI]).
Comment la carte a-t-elle été construite?
Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon de bâtir une carte sociale. Toutefois, une condition gagnante est de la réaliser collectivement, car c’est autant dans le processus de construction de la carte que se font les prises de conscience que dans le résultat (la carte elle-même) en tant que tel.
1. Identifier l’enjeu : La première chose à faire est de choisir l’enjeu à partir duquel sera réalisée la carte puis analysée. Dans cet exemple, la lutte à la pauvreté était l’enjeu choisi.
2. Identifier les acteurs et les placer dans la carte.
Il convient ensuite de décider avec quelle nomenclature les acteurs seront répartis sur la carte. Dans l’exemple que nous présentons ici, ils ont été placés dans quatre quadrants, représentant chacun une sphère d’activité présente dans la communauté (publique; communautaire et associative; civile [élus et citoyens]; privée). Au centre des quatre quadrants, un grand cercle a été dessiné afin d’inclure les organisations ou individus étant déjà participant à l’instance.
Une fois les lignes tracées, les personnes qui ont réalisé la carte se sont demandé :
• Quels sont les acteurs qui contribuent actuellement à la lutte à la pauvreté sur notre territoire?
Chaque acteur était inscrit dans le quadrant correspondant et à l’intérieur du cercle central ou non. Un premier portrait était alors disponible qui montrait notamment la représentation des différents secteurs à l’intérieur de l’instance (et un éventuel déséquilibre) ainsi que les acteurs contributifs de la lutte à la pauvreté mais ne participant pas aux travaux de l’instance.
3. Identifier les espaces de convergence existants
Sur une feuille à part, une liste des espaces de convergence existants (instances de mobilisation, tables de concertation, regroupements, partenariats, etc.) a été dressée. On a attribué une couleur à chacune d’elle et on a aussi identifié les principales structures que chacune s’est donné (trois sous-comités de travail dans une, cinq dans une autre, etc.).
Ensuite, chaque acteur a été encadré selon la ou les couleurs correspondant aux espaces où il participe. Certains acteurs se sont ainsi retrouvés avec plusieurs encadrements de couleur successifs alors que d’autres n’en avaient aucun. Le résultat final est le suivant :

(Crédit photo: Isabelle Mercure, chargée de projet ATI Limoilou, CDÉC de Québec)
4. Analyser la carte
Les acteurs ont ensuite fait leur propre analyse et en ont tiré divers enseignements. Plusieurs analyses sont en effet possibles. Le plus important est que celles-ci soient réalisées collectivement afin qu’en émergent des pistes d’action pour améliorer la mobilisation du milieu. À titre d’exemple, on pourra se demander…
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Qu’est-ce que cette carte nous apprend sur notre communauté et sur son organisation?
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Quel pouvoir d'agir ont actuellement les espaces de convergence existants?
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Quel est leur potentiel comme dispositif de mobilisation?
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Les connaît-on assez ou vraiment?
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Quels acteurs peuvent être mobilisés à court, moyen et long terme?
Dans la perspective d’augmenter les canaux de communication et/ou leur qualité, on pourra aussi tenter de déterminer quels acteurs pourraient aisément assumer un rôle de liaison par exemple. Les utilisations et analyses d’une telle carte sont multiples.
5. Analyser le processus d’élaboration de la carte
Effectuer l’analyse du processus de construction d’une carte sociale peut aussi permettre aux acteurs d’apprendre sur eux-mêmes. Ils peuvent notamment se demander :
• Avons-nous eu de la facilité à élaborer cette carte? Pourquoi? - Permettra notamment de cerner des forces et faiblesses sur le plan des savoirs
• Connaissons-nous bien notre communauté à l’égard de l’objectif que nous poursuivons collectivement? - Permettra entre autres d’évaluer les besoins de développement de nouveaux savoirs ou encore le besoin de s’adjoindre des acteurs les possédant.
Pour d’autres explications concernant la carte sociale : voir Savoir lire la communauté ou consulter la Boîte à outils pour l'évaluation de la gouvernance locale.
À vos cartes! Prêts? Partez!