Pour une mobilisation en continu

À quelles conditions un cycle de développement peut-il constituer un processus de mobilisation en continu? Chacune des étapes de ce cycle offre des opportunités concrètes de construire la mobilisation. Par le franchissement de chacune des étapes, on travaillera en effet à concevoir le projet commun, à le mettre en œuvre et à l’évaluer, et c’est aussi à travers ces étapes que se développera le NOUS (sentiment d’appartenance et engagement des acteurs dans une identité commune et partagée qui dépasse l’addition des identités individuelles).

Selon nous, la mobilisation ne constitue pas une étape du cycle en soi, mais bien une dimension essentielle à placer au cœur du cycle. Pour faire vivre cette dimension transversale, quatre grandes fonctions doivent être jouées dans la communauté.

Fonctions pour favoriser la mobilisation en continu

 Fonctions pour favoriser la mobilisation en continu

S’occuper du NOUS

L’acteur collectif ne se développera pas comme par magie parce qu’on réunit des individus et des organisations autour d’une table! Il est donc important qu’on se préoccupe autant de susciter la participation et l’engagement de tous (offre d’opportunités de façon constante, laisser de l’espace, inviter de nouvelles personnes, etc.) que d’animer la mobilisation en tant que telle, c’est-à-dire soutenir cette participation et cet engagement au quotidien (valorisation des efforts, reconnaissance, climat relationnel et affectif, etc.).

Que ce soit dans l’élaboration d’un état de situation ou dans le développement d’une vision commune par exemple, on se demandera comment peut se réaliser cette dimension de façon à favoriser au maximum la participation et l’engagement du plus grand nombre possible d’acteurs concernés (en prenant bien sûr en considération les inévitables contraintes de ressources et de temps). Plus les acteurs seront engagés dans la réalisation des étapes, plus ils se les approprieront, plus ils s’en sentiront responsables et mettront leurs énergies en commun pour en assurer le succès.

Pour se sentir appartenir à une mobilisation, on ne doit pas nécessairement faire partie de l’instance locale de mobilisation (véhicule) mis en place pour la soutenir. Ce serait plutôt l’engagement pour le projet commun qui déterminerait l’appartenance au NOUS. On peut alors raisonnablement penser que le NOUS sera variable et changeant, des acteurs effectuant des bouts de chemin dans le cycle pour ensuite laisser la place à d’autres.

S’occuper du véhicule

Favoriser une mobilisation en continu à travers le cycle de développement c’est aussi s’occuper de sa dimension fonctionnelle (pratique). Si le NOUS est davantage symbolique qu’associé au fait de détenir une carte de membre par exemple, il demeure que la mobilisation a besoin d’être soutenue par un dispositif bien concret (une table locale de développement, un comité de gestion, etc.) pour être en mesure de franchir les étapes du cycle.

Deux grandes fonctions seront alors nécessaires : 1) le mettre en place; 2) le soutenir pour lui permettre d’évoluer. C’est ce que nous appelons le véhicule, lequel devra notamment se doter d’une gouvernance. Selon notre expérience, le véhicule doit être suffisamment bien défini pour qu’on puisse s’y appuyer dans la démarche (Qui prend quel type de décision? Pourquoi? Quelle est la légitimité de telle structure ou de telle autre? Etc.?), mais aussi suffisamment souple pour ne pas freiner la participation et l’engagement des acteurs (risque de créer des carcans).

Ainsi, le véhicule (le comité de développement par exemple) pourra se transformer selon le nombre de passagers à bord, selon la destination retenue, et selon le genre de voyage que les acteurs ont le goût de faire ensemble. C’est donc dire que si un petit groupe d’acteurs peut déclencher un cycle de développement et devenir le porteur de la première étape du cycle, rien ne dit que ce groupe ne devra pas se transformer pour être en mesure de développer une vision commune du changement qui soit rassembleuse et qu’il ne devra pas encore changer une fois que le nouveau regroupement d’acteurs saura clairement ce qu’il veut faire. Les acteurs arriveront donc à déterminer « qui ils doivent être » pour arriver à atteindre leurs objectifs. La cible du changement et le véhicule s’influencent donc mutuellement à travers le cycle : Qui doit-on réunir pour élaborer la vision commune du changement? Pour concrétiser ce changement, qui doit contribuer, quand et comment?

De plus, rien ne dit qu’une fois une certaine structure en place (un comité de gestion avec quelques comités de travail par exemple), on ne pourra pas faire appel à de nouveaux acteurs, pour soutenir le franchissement des étapes du cycle. Parmi les questions qui se poseront, on retrouve notamment celle-ci : A-t-on les « bonnes » personnes pour réaliser cette étape? Sans nécessairement revoir complètement la structure, les acteurs pourront s’adjoindre de nouvelles personnes à différents moments du cycle de façon ponctuelle ou non. En retour, c’est aussi le NOUS qui s’en trouve renforcé et par le fait même la mobilisation.

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