La communauté locale

Une définition

L’expression « communauté locale » renvoie, en premier lieu, à un territoire géographique suffisamment petit pour être considéré comme un milieu de vie où règne un sentiment d’appartenance – un quartier, un arrondissement, un village, une ville… – et suffisamment grand pour avoir des institutions qui lui sont propres ainsi qu’une certaine gouvernance .

Évidemment, la compréhension de ce qui est local et de ce qui ne l’est pas varie grandement en fonction des acteurs qui en parlent (une institution, un citoyen, un universitaire, etc.) mais aussi en fonction des structures et des programmes mis en place et de la multitude de découpages territoriaux possibles.  Il s’agit d’ailleurs d’un enjeu important qui traverse la stratégie de mobilisation des communautés locales.

Qui compose la communauté locale?

La communauté locale est constituée d’individus, de groupes, d’organisations et d’institutions interdépendants qui sont en interaction et en évolution constantes. Ceux-ci sont également en interaction avec d’autres acteurs qui se trouvent à l’extérieur de la communauté locale. Comme tout acteur, la communauté est exposée à des dynamiques externes qui peuvent l’influencer plus ou moins fortement, notamment en fonction du degré de son pouvoir d’agir et d’organisation. Il s’agit d’acteurs qui agissent à d’autres niveaux (supralocal, régional, national, international).En tant que point focal du travail de mobilisation et comme unité d’analyse, la communauté locale correspond donc à un système en soi, dynamique et complexe, dont les relations entre les différentes composantes figurent au premier plan.

Un bloc monolithique?

Bien qu’étant un système ayant sa propre réalité, la communauté ne saurait non plus être comprise comme un bloc monolithique, étant elle-même composée de plusieurs sous-systèmes et étant sujette à plusieurs fragmentations possibles. Les acteurs peuvent se caractériser de diverses façons, soit selon les :

  • sphères (public, privé, communautaire, non lucratif, économie sociale);
  • champs d’action (social, économique, culturel, santé, etc.);
  • secteurs d’activités (enfance-famille, jeunesse, santé mentale, femme, etc.);
  • types d’acteurs (individus, organisations, réseaux);
  • types d’intervention (services, promotion défense de droits, coordination et information);
  • niveaux d’opération (informel, organisation de quartier, organisme desservant une ville, vocation régionale ou plus);
  • valeurs et principes d’intervention (proximité et participation aux instances de l’État, empowerment, action politique, revendicatrice, etc.).

Les types de communautés influencent-elles les processus?

Une compréhension fine de la stratégie de mobilisation des communautés locales nécessite différentes clés de lecture des communautés en elles-mêmes et de leur dynamique particulière. Car, il semble clair que les enjeux de la mobilisation vont varier en fonction des types de communautés où elle se construit et qu’il en sera de même pour le soutien et l’accompagnement qui seront offerts aux communautés locales. On pourra ainsi se poser minimalement ces quelques questions…

  • S’agit-il de communautés rurales, semi-rurales ou urbaines?
    • Parmi les communautés rurales, celles qui se situent dans une région n’ayant pas de pôle central de développement semblent faire face à des enjeux particuliers;
    • Parmi les communautés urbaines, les communautés montréalaises vivent des dynamiques qu’on retrouve peu ailleurs au Québec, ce qui soulève des enjeux spécifiques;
  • Quel est leur niveau d’organisation?
  • Quel est leur niveau de vitalité?

La stratégie de mobilisation doit se situer dans le contexte particulier de la communauté où elle se construit.

La gouvernance?

Étymologiquement, le mot gouvernance proviendrait des mots grecs « kyberman » et « kybernetes » qui signifient respectivement « naviguer » et « piloter ». L’art complexe de piloter des organismes, institutions et systèmes multiples qui sont à la fois autonomes les uns des autres sur le plan opérationnel et liés structurellement les uns aux autres à travers des formes diverses d’interdépendance réciproque. (Jessop, 1997, cité dans White, 2008 : vi). Carrier et al. (2000 : 53) définissent la notion de gouvernance « comme un processus de coordination d’acteurs, de groupes sociaux, d’institutions pour atteindre des buts propres discutés et définis collectivement dans des environnements fragmentés et incertains ».

Références

CARRIER, M. et al. (2000). « La reconstruction de la légitimité des collectivités rurales. Entre gouvernement et gouvernance », dans M. Carrier et S. Côté (sous la dir.), Gouvernance et territoires ruraux, Québec : PUQ, 41-63.

WHITE, Deena (2008). La gouvernance intersectorielle à l’épreuve. Évaluation de la mise en œuvre et des premières retombées de la Politique de reconnaissance et de soutien de l’action communautaire, 199 pages.

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